Créé par la loi du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail, le Passeport de Prévention – au cœur des enjeux liés au Passeport de Prévention 2027 – est en train de s’imposer comme l’outil de référence pour tracer les formations en santé et sécurité au travail (SST) en France.
Déployé progressivement depuis avril 2025, il concerne aujourd’hui les organismes de formation et les employeurs, avant d’être ouvert aux travailleurs eux-mêmes d’ici fin 2026. Mais le futur du Passeport de Prévention va bien au-delà d’un simple registre numérique : les fonctionnalités annoncées pour 2027, combinées aux tendances de digitalisation des ressources humaines, dessinent un outil autrement plus ambitieux. Pour les entreprises du commerce et les enseignes multi-sites, comprendre cette trajectoire dès aujourd’hui, c’est prendre une longueur d’avance sur la conformité réglementaire de demain.
Vers un Passeport de Prévention 2027 numérique et connecté ?
Temps de lecture : ~6 min
- Ce que le Passeport de Prévention est déjà en 2026
- Le futur du Passeport de Prévention après 2027
- Ce que cela change pour les commerces et les ERP
- FAQ
- Le Passeport de Prévention, un pilote numérique de la prévention en 2027 et au-delà

Ce que le Passeport de Prévention est déjà en 2026
Avant d’anticiper son évolution, il est utile de rappeler ce que l’outil représente concrètement à ce stade de son déploiement.
Les fonctionnalités clés du Passeport de Prévention en 2026
En 2026, le Passeport de Prévention centralise déjà, dans une plateforme numérique unique, les attestations, certificats, diplômes, habilitations et titres obtenus dans le cadre des formations SST, accessibles via Mon Compte Formation grâce à FranceConnect+, et garantis par la Caisse des Dépôts pour l’ensemble de la vie active du salarié.
Le Passeport de Prévention est une plateforme numérique unique qui regroupe l’ensemble des attestations, certificats, diplômes, habilitations et titres obtenus par un travailleur dans le cadre de formations SST. Accessible via Mon Compte Formation avec une authentification sécurisée par FranceConnect+, il est valable tout au long de la vie active du salarié. Les données sont garanties par la Caisse des Dépôts.
Depuis le 28 avril 2025, les organismes de formation peuvent y déclarer les formations SST réalisées pour les travailleurs. Depuis le 16 mars 2026, les employeurs ont à leur tour accès à un espace déclaratif. Ils doivent notamment s’assurer de la complétude des passeports de leurs salariés et déclarer en priorité les formations obligatoires en santé et sécurité : formations réglementaires, habilitations, autorisations de conduite. Un régime transitoire leur accorde neuf mois pour effectuer ces premières déclarations.
L’ouverture aux travailleurs et demandeurs d’emploi est prévue pour le quatrième trimestre 2026. Ces derniers pourront alors consulter leur passeport, y ajouter des formations suivies à titre personnel et le partager avec un employeur actuel ou futur.
| Échéance | Acteur concerné | Rôle dans le Passeport de Prévention |
|---|---|---|
| 28 avril 2025 | Organismes de formation | Déclarer les formations SST réalisées pour les travailleurs. |
| 16 mars 2026 | Employeurs | Accéder à l’espace déclaratif, assurer la complétude des passeports et déclarer en priorité les formations obligatoires. |
| 4e trimestre 2026 | Travailleurs et demandeurs d’emploi | Consulter leur passeport, ajouter des formations suivies à titre personnel et le partager avec un employeur. |
Pour les entreprises du commerce, cette étape est particulièrement significative. Un responsable RH d’enseigne nationale pourra vérifier en quelques clics les habilitations et formations SST de ses collaborateurs répartis sur plusieurs sites, sans dépendre d’attestations papier dispersées dans différents établissements. C’est une simplification administrative réelle, mais aussi un levier de pilotage de la conformité réglementaire à l’échelle d’un réseau.
Le futur du Passeport de Prévention après 2027
C’est à partir de 2027 que l’outil devrait franchir un nouveau palier, avec l’ajout de fonctionnalités substantielles annoncées par le portail officiel du ministère du Travail.
Un tableau de bord employeur pour piloter la prévention
La fonctionnalité la plus attendue est sans doute le tableau de bord destiné aux employeurs. Il permettra de visualiser en temps réel l’état des formations SST de l’ensemble des salariés, d’identifier les habilitations arrivant à péremption et d’anticiper les besoins de recyclage. Pour un gérant de magasin ou un responsable QHSE supervisant plusieurs dizaines de collaborateurs, cela représente un changement de paradigme : on passe d’une gestion réactive (on découvre qu’une autorisation de conduite est expirée lors d’un contrôle) à une gestion proactive et documentée.
Un import de fichiers en masse est également prévu pour permettre aux entreprises de déclarer des volumes importants de formations sans saisie manuelle. Cette fonctionnalité est particulièrement pertinente pour les enseignes nationales qui déploient des programmes de formation sur des centaines de salariés simultanément.
Vers une intégration avec les SIRH et les outils QHSE
Les développements annoncés ouvrent logiquement la voie à des connexions avec les systèmes d’information RH (SIRH), les plateformes de gestion de la formation (LMS) et les logiciels QHSE déjà utilisés par les entreprises. L’objectif serait de faire du Passeport de Prévention un référentiel national des compétences SST, alimenté en temps réel par les différents acteurs de l’écosystème formation.
Pour les organismes de formation comme KFormations, cette évolution représente à la fois une obligation et une opportunité. Une obligation, parce que la déclaration systématique dans le passeport devient une composante normale du service rendu. Une opportunité, parce que les organismes capables d’intégrer nativement ces processus dans leur offre disposeront d’un avantage concurrentiel auprès des entreprises soucieuses de conformité. Cela vaut notamment pour les réseaux de franchise et les enseignes multi-sites, qui cherchent un interlocuteur unique capable de gérer la traçabilité documentaire à grande échelle.
L’IA comme moteur de personnalisation des parcours SST
Au-delà des fonctionnalités officiellement annoncées, la trajectoire du Passeport de Prévention s’inscrit dans un mouvement plus large de digitalisation et d’intelligence des données RH. En croisant les informations du passeport (formations suivies, dates, habilitations détenues) avec les référentiels réglementaires applicables à chaque poste, il devient techniquement possible de générer des recommandations automatisées de formation.
Concrètement, un algorithme pourrait alerter un employeur que tel salarié, affecté à un poste nécessitant une autorisation de conduite de transpalette électrique, n’a pas suivi le recyclage requis, ou suggérer une mise à jour de l’habilitation électrique d’un technicien de maintenance avant l’échéance réglementaire. Ce type de suggestion proactive, alimenté par l’IA, transformerait le passeport en véritable copilote de la politique de prévention des risques professionnels.
Cette perspective n’est pas spéculative : elle est la conséquence directe de la centralisation massive de données SST que le passeport est en train de construire. Plus les déclarations seront nombreuses et homogènes, plus la valeur analytique de l’outil sera élevée.

Ce que cela change pour les commerces et les ERP
Pour les établissements recevant du public (ERP) et les commerces, les enjeux sont concrets et immédiats. La traçabilité numérique des formations obligatoires (sécurité incendie, premiers secours, manutention, habilitations électriques) devient un standard attendu, non seulement par les inspecteurs du travail, mais aussi par les assureurs et les donneurs d’ordre dans les réseaux de franchise.
Le Passeport de Prévention renforcera également la valeur probatoire des formations lors des contrôles ou en cas d’accident du travail. Disposer d’un historique numérique centralisé, infalsifiable et accessible en temps réel, c’est une protection juridique concrète pour l’employeur. À l’inverse, l’absence de déclaration pour des formations pourtant suivies pourrait être interprétée comme un manquement à l’obligation de traçabilité.
Les responsables RH d’enseignes nationales ont tout intérêt à anticiper cette évolution dès maintenant en choisissant des partenaires de formation capables d’assurer la déclaration dans le passeport, le suivi des péremptions et la gestion administrative associée. C’est précisément ce que propose KFormations à travers son réseau national de formateurs experts et son approche orientée conformité réglementaire pour les commerces.

FAQ
À partir de quand les travailleurs pourront-ils accéder à leur Passeport de Prévention ?
L’ouverture de la plateforme aux travailleurs et demandeurs d’emploi est prévue pour le quatrième trimestre 2026. Ils pourront alors consulter leur passeport, y ajouter des formations suivies à leur propre initiative et partager leur historique SST avec leurs employeurs actuels ou futurs.
Quelles formations doivent être déclarées en priorité par les employeurs ?
Les employeurs doivent déclarer en priorité les formations obligatoires en santé et sécurité au travail : formations réglementaires, formations liées à des postes soumis à habilitation ou autorisation de l’employeur (conduite de chariots élévateurs, habilitations électriques, etc.). Un régime transitoire de neuf mois est accordé pour effectuer ces premières déclarations depuis l’ouverture de l’espace employeur en mars 2026.
Le Passeport de Prévention remplace-t-il les attestations papier actuelles ?
Non, il ne les remplace pas formellement à ce stade, mais il en constitue la version numérique centralisée et sécurisée. Les attestations papier restent valables, mais le passeport offre une traçabilité supérieure, une accessibilité immédiate et une valeur probatoire renforcée, notamment lors des contrôles ou en cas de contentieux. À mesure que l’usage se généralisera, le passeport numérique devrait progressivement s’imposer comme la référence.
Un organisme de formation doit-il être certifié Qualiopi pour déclarer dans le passeport ?
La certification Qualiopi est une condition d’accès aux financements publics et mutualisés, mais le périmètre exact des organismes habilités à déclarer dans le passeport est défini par les textes réglementaires encadrant le dispositif. Les organismes enregistrés et déclaratifs auprès des autorités compétentes sont concernés. Il est conseillé de vérifier sa situation auprès du portail officiel passeport-prevention.travail-emploi.gouv.fr.
Le Passeport de Prévention, un pilote numérique de la prévention en 2027 et au-delà
Le futur du Passeport de Prévention s’annonce structurant pour l’ensemble des acteurs de la santé et sécurité au travail en France. D’un outil de traçabilité encore en déploiement en 2026, il est appelé à devenir, d’ici 2027 et au-delà, un véritable pilote numérique de la politique de prévention des risques dans les entreprises, interconnecté aux SIRH, enrichi par l’IA et opposable lors des contrôles.
Pour les commerces, les ERP et les réseaux multi-sites, anticiper cette transformation, c’est sécuriser sa conformité réglementaire et simplifier sa gestion administrative avant que l’obligation ne s’impose. Pour en savoir plus sur les formations obligatoires concernées par ce dispositif et bénéficier d’un accompagnement adapté à votre structure, consultez le catalogue de formations KFormations.


